[Expo] Sade – Marquis de l’ombre, prince des Lumières – L’éventail des libertinages du XVIe au XXe siècle

Sade - Marquis de l'ombre, prince des Lumières - L'éventail des libertinages du XVIe au XXe siècleSi tu te souviens bien, on avait ouvert les portes du WC avec ma chronique sur les 120 journées de Sodome : j’avais conchié le livre mais je lui avais quand même donné un 5/5 parce que quand t’as du mythe devant toi, ça te remue les tripes, et c’est un peu ce que ça m’avait fait, même si c’était pour une légendaire diarrhée.

En tout cas, il s’agit du maître à penser de mon keum, donc, pour son anniv’ je l’ai trimbalé à l’une des expos commémoratives du 200e anniversaire de sa mort.

Tout le monde te rebat les oreilles avec le Musée d’Orsay, t’inquiète, on y va bientôt. Là, il s’agit de l’institut des Lettres et des Manuscrits (et non pas le Musée des Lettres et des Manuscrits, te fais pas avoir, comme nous) qui nous présente plein, plein de manuscrits et d’édition originales : forcément, c’est carrément leur rayon. Leur pièce maîtresse, c’est THE rouleau du manuscrit des 120 journées. L’objet est entouré de toute une mythologie : enfermé pour la énième fois à la Bastille, sans jamais avoir été jugé, Sade, au fond de sa folie, avait rédigé cette compil’ best touffe des perversions et horreurs et a pleuré des larmes de sang en croyant le rouleau perdu lors de la chute de la Bastille. Forcément retrouvé, caché, sulfureux à souhait, objet de batailles juridiques incessantes, il est aujourd’hui à la vue de tous pour la modique somme de 5 euros. Alors forcément, tout pauvres qu’on est, on s’est quand même pas privés.

L’expo nous présente, au travers d’un couloir rouge (un boudoir sexy de bordel? un vagin ragnagneux?) jalonné de rideaux hymenesques à traverser, nous présente le libertinage, plus des idées que sexuel, même si forcément tout est lié.

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Ce qui m’a le plus ému quand même, c’était de voir un écrit de Molière, me demande pas pourquoi, et celle de Casanova. Pour mon mec, c’était de lire les ratures de Gainsbourg. J’ai également bien aimé comment l’expo conchie un peu l’idée 2.0 du libertinage à coup de chanteuses rousses et de clubs échangistes.

Conclusion, tu peux traîner tes guêtres Rive Gauche sans problème, pour 5 euros, ça vaut le coup!

En souvenir, j’ai quand même ramené ça, coming soon aux WC:

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Les 120 journées de Sodome – D.A.F. de Sade

Les 120 journées de SodomeGenre :  roman, classique, littérature érotique, littérature française
Auteur : D.A.F. de Sade
Année :  1785
Nombre de pages : 448

Résumé : Sade a écrit ce roman sur des feuillets pendant son enfermement à la Bastille, qu’il a ensuite assemblé en un gros rouleau. Autant dire que Sade était au paroxysme de son délire. Ce rouleau inachevé a été sauvé pendant que le navire coulait puis caché, puis ressorti par un obscur psy allemand au début du XXe siècle, inventeur du terme « sadisme ».
4 libertins complètement psychopathes décident de faire une méga orgie. Au préalable, il faut dire qu’ils ont chacun épousé la fille de l’autre. Ils décident de partir s’enfermer dans un château inaccessible de la Forêt Noire avec les 42 victimes d’un kidnapping géant organisé au préalable. Ils partent avec 4 vieilles maquerelles qui raconteront chacune pendant un mois 5 histoires par jour de vieux dégueulasses. Entre temps, les libertins vont s’en donner à coeur joie d’imiter les histoires racontées par les vieilles.
Sade a eu le temps de développer les histoires d’une des vieilles maquerelles pendant 339 pages, surtout orientées vers la scatologie. Je vais vous en livrer ici une histoire parmi les 150:
« La passion de ce vieux libertin consistait à baiser d’abord prodigieusement la bouche de la fille. Il avalait le plus qu’il pouvait de sa salive, ensuite il lui baisait les fesses un quart d’heure, faisait péter, et enfin demandait la grosse affaire. Dès qu’on avait fini, il gardait l’étron dans sa bouche et, faisant pencher la fille sur lui, qui l’embrassait d’une main et le branlait de l’autre, pendant qu’il goûtait le plaisir de cette masturbation en chatouillant le trou merdeux, il fallait que la demoiselle vînt manger l’étron qu’elle venait de lui déposer dans la bouche. »
Le récit de Sade s’arrête proprement ici, ensuite, nous avons le plan des histoires racontées par les autres vieilles sous forme de liste. C’est là que ça devient vraiment horrible. parce qu’on a bel et bien un listing de viols, incestes, tortures et diverses nécrophilies.

Ce que j’ai aimé : La couverture très explicite proposée par 10/18 et qui ne manque pas d’humour. Aussi difficile qu’il ait été pour moi de l’achever, je suis fière : fière que ce livre soit publié par un grand éditeur, fière que ce livre soit en vente libre chez un libraire, et je n’ai eu à craindre aucune répression. Cette épreuve m’a fait réaliser que quoique nous disions, nous sommes bien dans un pays libre!

Ce que je n’ai pas aimé : Pendant la 400aine de pages qu’il va vous rester à découvrir, vous allez successivement hésiter à :
– fermer définitivement le livre et ne plus jamais le rouvrir,
– vomir,
– commencer par la fin voir si ça se calme un peu,
– lire au hasard pour voir si les histoires changent un peu,
– rêver, penser toute la journée à du caca.
Ce livre est vraiment nauséabond et tient incontestablement une place d’honneur dans ma trashothèque. Il relègue Despentes & co au rang de piètres apprenties.

NDLR : Cet article vous dit déjà peut-être quelque chose si vous me suivez depuis un moment sur mes aventures bloguesques. Cette fiche était précédemment parue sur le blog Plump it up! Les Plumpies m’ont gentiment cédé les droits, puisque c’est une histoire de livre et de caca, et que ça valait bien une inauguration!

Note : 5/5DianaCagothe