Le Porte-Lame – William Burroughs

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le porte-lameS4F3S2Titre Original : Blade Runner : A movie
Genre :
 
roman, anticipation, science-fiction, littérature américaine
Auteur : William Burroughs
Année :  1979
Nombre de pages : 90

Résumé : L’action se passe dans le New York de 2014. La ville ne ressemble plus du tout à ce qu’elle aurait pu être aujourd’hui, mais est un ghetto géant dû aux maladies du XXe siècle et le traitement qu’on en a bien voulu en faire. En 1984, il y a eu le Health Act, qui a réglementé qui et comment on pouvait soigner : en gros, si tu n’étais pas un bon gros riche bien blanc, salut. Cela a déclenché d’énormes émeutes et mis sur les chapeaux de roues toutes sortes de médecines parallèles, alternatives et surtout un bon gros n’importe quoi clandestin de n’importe quoi. Parce que dans le New York de Burroughs, l’Etat contrôle la population par la terreur : « La surpopulation a conduit à un contrôle croissant des citoyens par le gouvernement, non pas sur le modèle à l’ancienne de l’oppression et de la terreur typique des états policier, mais en termes d’emploi, de crédit, de logement, de pensions de retraite et de couverture médicale : des services qui peuvent être suspendus. Ces services sont informatisés. Sans numéro, pas de prestations. Cela n’a toutefois pas produit les modules humains standardisés et décervelés postulés par des prophètes linéaires tels que George Orwell. Au lieu de quoi un important pourcentage de la population a été forcé de passer dans la clandestinité. Personne ne sait la valeur exacte de ce pourcentage. Ces gens sont innombrables parce que non numérotés. » Face à la croissance de la population et sa paupérisation, son impossibilité à se soigner parce que ne rentrant pas dans les clous, on a vu de nombreuses maladies éradiquées resurgir, et de nouvelles souches de maladies entrer dans la bataille. Notamment le C.A., le cancer accéléré, qui ressemble à une bonne grosse peste qui en quelques heures/jours te fait éclater en gros bubon purulent.
Le personnage principal du roman est Billy, un porte-lame : un assistant/fournisseur/coursier du Dr. Bradwell, médecin clandestin. On va le voir évoluer  dans ce Manhattan-jungle, tenter d’échapper aux contrôles de police, essayer de survivre, tout simplement.

Ce que j’ai aimé : Ce bouquin, qui a pour thème central la santé, m’a beaucoup perturbé. En effet, on est dans un monde dystopique dont le cœur de la Terreur n’est pas un espèce de Big Brother, mais ce qui ressemble carrément plus au monde que nous sommes en train de construire. Par exemple, aujourd’hui, tu peux encore vivre sans Carte Bleue ni internet, mais ça devient de plus en plus une sacrée chienlit. Cela m’a renvoyé à la vision que Jacques Attali avait de la privatisation de la santé publique, dans sa Brève Histoire de l’Avenir.
Dans le côté ultra-visionnaire, Burroughs invente un dépistage du cancer grâce à des chiens renifleurs, et ça colle carrément avec l’actualité, parce que l’INSERM vient de se doter de deux bestioles du genre pour le même usage. Son révérend Parcival n’est pas également sans rappeler un certain Donald Trump.
Bref, un point de vue très original pour un livre court qui se lit très bien en pause déjeuner sur l’herbe, lunettes de soleil vissées sur le nez.

Ce que je n’ai pas aimé : L’écriture est très perturbante : il s’agit d’une espèce de scénarisation d’un livre d’Alan E. Nourse, dont Burroughs a repris l’histoire et les personnages.Cela donne une narration plutôt décousue qui laisse beaucoup de place à la présentation de l’univers, mais peu de place à une histoire avec des personnages qui arrivent en scène très tard. Cela me donne une impression de gâchis. En effet, on a un super univers super bien construit, mais on le regarde finalement comme un tableau, ce qui nous empêche de nous y immerger.

Note : 3/5

DianaCagothe


Les Retombées – Jean-Pierre Andrevon

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Les RetombéesS4F3S2Titre Original : Les Retombées
Genre :
 
nouvelles, science-fictionlittérature française, post-apocalyptique
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Année :  1979
Nombre de pages : 108

Résumé : Quelque part, en France, le Jour d’après (même si Chimène Badi ne s’est pas mise à chanter). Le ciel a été traversé par un énorme éclair gris. Les gens, enfin ce qu’il en reste, sont abasourdis, seuls, dans un monde gris. Hagards, ils se regroupent en petits groupes, au fur et à mesure des rencontres, ne sachant trop ce qui a pu se passer, ni comment satisfaire les besoins les plus simples. Enfin, ils croisent le chemin d’un camion de l’armée, qui les emmène dans un camp.

Ce que j’ai aimé : Tout d’abord, ce livre fait écho à beaucoup de choses. En premier lieu, à Tchernobyl, sauf qu’il a 7 ans de plus que a catastrophe. Par ce côté visionnaire, Andrevon nous livre, à travers l’ignorance dans laquelle sont laissées ses personnages, le mensonge de l’Etat, ou plutôt son silence. Tout est politique. Enfin, la vie du camp fait surtout écho à la seconde guerre mondiale : les personnages sont trimballés à droite à gauche, déshumanisés au dernier degré, sous le contrôle d’une armée toute puissante. Si au départ, on pense qu’ils sont évacués par l’armée pour les protéger ou pour découvrir s’ils sont contaminés, au final, on ne sait pas vraiment s’ils sont en quarantaine, contaminés, ou simplement gardés pour ne pas répandre de nouvelles parmi la population restante. Bref, encore un questionnement sur le rôle de l’Etat.
D’autre part, j’ai également bien aimé cette édition, qui, à la fin de l’histoire, situe le récit dans son contexte historique et renvoie à d’autres œuvres du même genre, comme Malevil et Ravage.

Ce que je n’ai pas aimé : Evidemment, après Malevil, difficile de relever le défi du post-apo du terroir bien franchouillard.

Note : 4/5

DianaCagothe


Celui qui attend et autres nouvelles – Ray Bradbury

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celui qui attendTitre Original : Celui qui attend et autres nouvelles
Genre :
 
nouvelles, science-fiction, fantastique, littérature américaine
Auteur : Ray Bradbury
Année :  1995
Nombre de pages : 95

Résumé : Il s’agit ici d’une compil un peu aléatoire comme on sait si bien les faire.
– Celui qui attend : une entité inconnue tapie au fond d’un puits voit débarquer les premiers hommes sur Mars. Ni une ni deux, elle prend corps dans un des astronautes, mais ça le tue, alors elle passe au suivant.
– La Fusée : alors que les voyages dans l’espace commencent à se démocratiser, un père de famille a réussi à économiser assez pour envoyer l’un des siens en fusée. Mais lequel choisir?
– La Pierre tombale : un couple investit un appart’ qui était occupé auparavant par un sculpteur. Le logeur leur demande un peu d’indulgence. En effet, une pierre tombale reste et sera enlevée le lendemain. Il va falloir passer la nuit avec cet étrange objet.
– Rencontre nocturne : sur Mars, un martien et un humain se rencontrent à la croisée du temps.
– Le jour de la grande exhumation : des morts sont déplacés dans un nouveau cimetière. Une grand-mère ouvre le cercueil de son premier fiancé, mort dans la fleur de l’âge, et le corps de celui-ci est intact.
– Icare Montgolfier Wright : tout est dans le nom de cet homme, qui veut clairement voler.
– Le Petit assassin : une mère accouche, et est persuadée que son nourrisson veut la tuer.
– Un coup de tonnerre : un croisement de La Machine à explorer le temps de H.G. Wells et Jurassic Park de Michael Crichton

Ce que j’ai aimé : Je l’ai mangé ce recueil. Presque tout est bon, dommage que ce soit trop court. Presque chaque titre aurait mérité un développement en roman. Si la SF vous fait peur, ou si vous voulez découvrir l’auteur, c’est une bonne porte d’entrée, à pas une thune en plus.

Ce que je n’ai pas aimé : Pas grand chose, si ce n’est la briéveté et Icare, qui n’avait pas tellement de sens pour moi.

Note : 4/5

DianaCagothe


Nuits-Lumière, mystères en Guillestrois – Pierre Bordage

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nuits-lumièreTitre Original : Nuits-Lumière, mystères en Guillestrois
Genre :
 
roman, fantastique, littérature française
Auteur : Pierre Bordage
Année :  2002
Nombre de pages : 94

Résumé : Frank, assistant réal, est avec Sarah, régisseuse, dans le Guillestrois (Hautes-Alpes) pendant quelques jours pour faire des repérages pour un film. Frank, c’est un peu le quadra qui entend arriver le démon de midi. Son couple bat de l’aile, et son unique fille, il l’aime, mais bon. Il espérait que ça lui ferait du bien de passer quelques jours loin de la maison, mais Sarah n’arrête pas de lui remonter les bretelles et de lui faire la morale. C’est sûr, ça n’aide pas à faire le point.
Comme bien souvent chez les mecs (en littérature, tout du moins), ça le fait fuir plutôt qu’autre chose, alors quand il rencontre Doriane, une blonde sulfureuse, pas à cause de ses nibards, mais plutôt par son côté évanescent, le sang de son zgègue ne fait qu’un tour et il se laisse embarquer dans l’aventure extra-conjugale. Doriane finir par disparaître en laissant derrière elle une énigme, que Frank sent bien qu’il devra résoudre pour la retrouver. Il fait alors alliance avec le premier venu, enfin un mec qui tombe vraiment bien, Arsène Lampard, qui est mystique et est à deux doigts de résoudre l’énigme qui le hante lui aussi depuis bien longtemps.

Ce que j’ai aimé : Le style simple et très léger de ce roman. Idéal pour une après-midi en terrasse, il ne demandera pas trop de concentration et surtout, ne nous amènera pas à réfléchir beaucoup.

Ce que je n’ai pas aimé : Le roman se lit comme un dépliant amélioré de l’office de tourisme de Guillestre. En effet, Bordage a écrit pour le festival Fantastic’Alpes qui se déroule dans la ville. On sent tout de suite qu’il s’est efforcé d’insérer tous les lieux remarquables du coin et a essayé de les relier en faisant une histoire un peu ouate-deux-phoque. C’est dommage, parce que moi aussi, je me serais bien laissé embarquer ailleurs par la chevelure filasse de Doriane, mais pas dans la lumière des Nuits-lumière. L’auteur aurait-il trop regardé Mystères, cette émission qui sévissait il y a fort longtemps sur TF1?

Note : 2/5

DianaCagothe


Citoyen de la galaxie – Robert A. Heinlein

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citoyen de la galaxieTitre Original : Citizen of the galaxy
Genre :
 
roman, science-fiction, space opéra, littérature américaine
Auteur : Robert A. Heinlein
Année :  1957
Nombre de pages : 282

Résumé : Un vaisseau d’esclaves arrive sur Jubbulpore. Dans les lots, un gamin maigrichon et mal en point dont personne ne veut. Baslim, un mendiant, l’achète pour une bouchée de pain. Le récemment baptisé Thorby, se fera éduquer par le vieux, qui lui apprendra non seulement à bien mendier, mais lui donnera une instruction assez high-level, dont bon nombre de choses sous hypnose.
Le gamin grandit plutôt bien, finit par être affranchi par son père adoptif mais reste dans les jupons paternels jusqu’au jour où Baslim se fait toper par l’Etat et se fait buter. Comme ça sent le roussi pour Thorby et que Baslim l’avait prévu, il réussit à s’enfuir sur un vaisseau à société matriarcale, où, on l’adopte car la Famille a une dette envers Baslim. Thorby va donc partir aux confins de la galaxie pour découvrir les origines de Baslim et puis les siennes.

Ce que j’ai aimé : Je crois que c’est le premier Heinlein qu’on aime plutôt bien aux WC. Il se lit bien, pour une fois, ce n’est pas laborieux, et il n’a pas tellement pris de coup de vieux. Les univers, parce qu’il y en a plusieurs, en fonction des étapes de la vie de Thorby, sont plutôt bien construits et on s’immerge bien dans le décor. On se laisse prendre aux aventures de Thorby et on a envie d’en savoir plus, de savoir si l’intuition de Baslim, à savoir que le gamin viendrait de la Terre, est la bonne. Ça se lit en deux coups de crayon, trois coups de cuillère à pot. C’est une bonne lecture estivale.

Ce que je n’ai pas aimé : Le livre se découpe par périodes de la vie de Thorby, et même si les parties en elles-même sont plutôt bien foutues,  j’ai du mal à voir le lien entre elles, et ça donne un côté plutôt décousu au roman. Concernant la « philosophie » ou la « morale », le concept de la liberté est un peu trituré mais d’une manière un peu simpliste, voire un peu trop : genre « il est esclave mais bien plus libre que lors de ses voyages spatiaux », alors que le héros, en fait, se sent toujours plus ou moins encombré par ce concept de liberté.

Note : 4/5

DianaCagothe