La Bataille des Rois – Le Trône de Fer 3 – George R.R. Martin

La Bataille des RoisTitre Original : Song of Ice and Fire, book 2 : A Clash of Kings
Genre :
 
fantasy, roman, politique, littérature américaine, médiéval fantastique
Auteur : George R.R. Martin
Année :  1999
Nombre de pages : 416

Résumé : De bataille, pour l’instant, il n’en sera rien. C’est juste la crise qui se réveille dans les Sept Royaumes. Baratheon a fait pschitt, et Joffrey, son fils et successeur, est bien trop blond pour que ça soit honnête. Les frères de Robert, chacun de son côté, commencent à se dire que la couronne irait bien sur leur tête.
Pendant ce temps-là, à Port-Réal, le peu de Stark qu’il reste sont dans la survie. Arya, tellement garçon manqué, réussit à se faire embarquer pour le Mur et sauver sa peau. Sansa, prisonnière d’elle-même et des Lannister, apprendra la survie à ses dépens. Bran, de son côté, se souviendra et Tyrion… Tyrionnera…

Ce que j’ai aimé : On est dans la Martinade, là où on ne l’attend pas. Plein de petits personnages qui se retrouvent maintenant en lumière. Et enfin, le semblant de puzzle qui commence à se mettre en place.

Ce que je n’ai pas aimé : Le titre trompeur, de bataille, point il n’y aura.

Note : 3/5

DianaCagothe

Le Donjon Rouge – Le Trône de Fer 2 – George R.R. Martin

Le Donjon RougeTitre Original : A Game of Thrones
Genre :
 
fantasy, roman, politique, littérature américaine
Auteur : George R.R. Martin
Année :  1996
Nombre de pages : 541

Résumé : Il n’est pas facile d’être Main du Roi, mais quand, en plus, on n’aime pas trop mouiller la chemise dans les saloperies des sept couronnes, on sent que la situation va être compliquée. Et si comme Ned Stark, tu enquêtes sur ce qu’a découvert Jon Arryn, la précédente Main, tu commences à sentir que ça pue du Luke Skywalker. Et autour de Ned, le roi Baratheon part de plus en plus en live, s’adonne de plus en plus à la fanfaronnade et à la beuverie, Cersei, resserre de plus en plus le filet. Et puis Catelyn, la femme de Ned, découvre que ce serait le Lutin qui aurait commandité l’attentat contre son fils Bran, et le fait donc prisonnier. Vous l’aurez compris, tout ça, ça met le feu aux poudres et le Donjon Rouge ne va jamais si bien porter son nom.

Ce que j’ai aimé : Ah, il se passe enfin quelque chose dans ce tome, on rentre enfin dans le vif du sujet. Et comment que ça va basculer. L’univers qu’on avait eu le temps de découvrir dans le premier tome va complètement basculer. Il ne faut pas trop s’attacher aux personnages, vous risquez de les voir crever. Mais ça rend tout ça bien excitant, parce que du coup, on devine que Martin ne va pas hésiter à sortir des sentiers battus.

Ce que je n’ai pas aimé : Rien, vive la suite!

Note : 5/5

Plumpy Trash

Le Trône de fer – Le Trône de fer 1 – George R.R. Martin

Le Trône de ferTitre Original : A Game of Thrones
Genre :
 
fantasy, roman, politique, littérature américaine
Auteur : George R.R. Martin
Année :  1996
Nombre de pages : 476

Résumé : J’inspire un grand coup, je retiens mon souffle et c’est parti. Ça faisait bien une quinzaine d’années que ce premier tome était dans ma PAL. En tant que grande fan de fantasy, je savais que je n’y couperai pas dans ma vie. Mais je ne sais pas, je retardais un peu le moment. Un peu, quinze ans. J’avoue que l’arrivée de la série télé m’a mis un gros coup de pression. Et comme il est impensable que je regarde avant d’avoir lu, j’en ai eu marre de faire chier dans mes soirées jeux de rôle à brailler « Shhhhhh, pas de spoil! ». Donc après une première tentative avortée il y a deux ans, je n’ai plus lâché le morceau cette année. Mais venons-en au fait.
Nous sommes donc au Royaume des Sept Couronnes, où les saisons durent plusieurs années. L’été se termine, et on suit d’un peu plus près la famille Stark, en chef du domaine de Winterfell. Ned, le père, est un homme d’honneur, père de plusieurs enfants, dont l’aîné, Jon, est un bâtard. Son meilleur pote, c’est le roi Baratheon, un soudard mais homme d’honneur, qui en revanche, est marié à une Lannister, la famille « amour, gloire, beauté » mais surtout pouvoir et richesse. Quand Robert, le roi, propose à Ned de devenir la Main du Roi, espèce de bras droit du souverain, la famille Stark va devoir trouver sa place dans l’échiquier politique et les intrigues de la Cour.

Ce que j’ai aimé : L’univers, très riche. On compare souvent Martin à Tolkien. En fait, il ne s’agit pas tellement au niveau du type épique de la Terre du Milieu, mais c’est sur la construction historique et la documentation : on rentre dans un monde qui semble réel, parce qu’on visionne le moindre détail et que tout est contextualisé. Une fois également qu’on a réussi à faire connaissance avec les personnages, ils sont tous attachants, assez peu manichéens. Chacun roule pour ses propres raisons, avec sa propre morale, mais ils sont fidèles à eux-mêmes.

Ce que je n’ai pas aimé : Ce premier tome est assez barbant, de par sa fonction de mise en place de l’action. Plein de personnages (et pourtant, je suis assez amatrice de complexité dans les romans) qu’on n’arrive pas toujours à distinguer. Et de la politique à mort, ce qui a tendance à me rebuter. Toutefois, c’est suffisamment prometteur pour que je laisse une chance à la saga.

Note : 3/5

Plumpy Trash

Soumission – Michel Houellebecq

Soumission
Genre :
 
roman, anticipation, politique
Auteur : Michel Houellebecq
Année :  2014
Nombre de pages : 320

Résumé : Mouarf, difficile de parler d’un tel livre dans un tel contexte. Assez fan de Houellebecq, j’attendais  son retour impatiemment. Bon, j’avoue que lorsque j’ai vu dans les médias que ça concernait l’islam, ça m’a un peu blasée. Le sujet est tellement kiffé dans la sphère de l’intra-muros qui adore penser observer ses banlieues en cages. Et dans le trou du cul de la France, l’info-tainment fait peur, et la peur est toujours bonne conseillère. Pardon, je m’égare.

Revenons à ce que ça raconte pour de vrai. Le narrateur, après une brillante thèse sur Huysmans, obtient un poste de maître de conférences à La Sorbonne. Sa vie, comme bien souvent chez Houellebecq, est monotone. Bien que son travail sur Huysmans soit brillant et malgré son poste, cet homme, à un étage plutôt élevé de l’ascenceur social, est un pauvre type un peu creux. Son quotidien dans le 15e se compose surtout de plats pré-cuisinés, voire pré-mâchés. Pour ce qui est de l’hygiène, une de ses étudiantes fait souvent l’affaire, en général un intérim qui dure l’année scolaire. Le « héros » essaie bien de nous en raconter quelques-unes, mais on voit bien que c’est pure perte. Elles sont toutes superposables, il n’essaie même pas d’avoir l’idée d’être amoureux.

En fait de héros, c’est plutôt le contexte d’anticipation politique que Houellebecq imagine qui est véritablement le héros. On est à la présidentielle. L’UMPS est agonisant, le FN est assuré d’un second tour. En revanche, un nouveau parti, la Fraternité Musulmane, mené par Ben Abbes émerge. C’est la version « travail, famille, patrie » des temps modernes version purée muslim. Alors, au départ, la nouvelle équation laisse pantois, même les persos du roman. On commence presque dans une ambiance de semi guerre civile : pas d’infos, de la fusillade place Clichy, un second tour saboté…

Le héros, déjà bien déconnecté, essaie de fuir il-ne-sait trop quoi, se retrouve presque à sec sur une aire d’autoroute fusillée. Il squatte dans le coin, un bled semi-paumé. Au bout de quelques jours, la guerre civile n’aura pas lieu. Il rentre sans trop savoir ce qui l’attend. Ben Abbes essaie de reconstruire un nouvel empire romain purée muslim pendant ce temps-là, en remettant la cellule familiale au centre de tout, et l’artisanat comme but ultime du commun des mortels. En attendant, le fric des républiques bananières pétrolières rentre dans les caisses de l’état. La Sorbonne est rachetée par les saoudiens. Notre prof préféré a le choix d’enseigner dans l’université nouvellement islamique ou de prendre une bien trop généreuse retraite. Choix facile, l’oisiveté.

Il peut ainsi observer le pays se transformer lentement mais sûrement, enfin surtout les jupes des filles qui disparaissent pour laisser place à la pudeur. Il observe aussi l’intelligentsia se convertir à tour de bras, non par conviction, mais plus par opportunisme, voire par fainéantise (celui de se trouver une femme par exemple).

Bref, le haut du panier vole bien bas, pragmatique et opportuniste avant tout. N’espérons pas une grande révolution de la part des cerveaux qui sont finalement des couilles molles. En fait, les universitaires ne sont que le pendant des politiques, achetables à loisir par les lobbies.

Ce que j’ai aimé : Bon, ben Houellebecq, on connaît l’équation de ses romans : un pauvre type + un sujet bien sulfureux + un milieu à nous faire découvrir. Comme d’habitude, c’est efficace. Et puis les médias lisant en diagonale, ne retiennent que le sujet bien sulfureux. Alors que le sujet principal, c’est encore et toujours le pauvre type. Je pense que ce mec-là, à force de monomanies romanesques, finira par décrocher le Nobel de littérature. Et puis, Houellebecq arrive toujours à nous faire vivre et à nous détacher en même temps de la décadence occidentale. Il a le regard étrange et pénétrant, ou en tout cas, sa vision me perturbe vraiment et je trouve que son pauvre type, toujours lâche, est un peu de nous tous. Il cède toujours du côté obscur, parce que c’est la voix de la facilité. Ici, Houellebecq nous montre un changement brutal sociétal, mais qui se passe sans bruit, dans l’apathie la plus totale. De la même manière, l’auteur nous montre que les valeurs soit disant républicaines ne signifient plus grand chose pour personne, et qu’il n’y a plus vraiment de valeurs. D’ailleurs, le moindre mec un tant soi peu charismatique et ambitieux réussira à implanter les siennes. Houellebecq me tuera toujours de sa lucidité.

Ce que je n’ai pas aimé : Je suis moins enchantée que lors des Particules Élémentaires. Peut-être parce que la misère sexuelle me parle plus que la religion. Ayant grandi en fin de siècle, j’ai vécu le chemin inverse, du religieux vers l’athéisme, ou plutôt le je m’en foutisme. Pour moi, comme beaucoup de mes contemporains, la religion est quelque chose de moribond, voire qui n’existe presque plus. C’est marrant, mon correcteur a voulu écrire pustule, coïncidence? Je ne pense pas. Force est de constater, surtout depuis Charlie, que ce n’est pas le cas. Je m’en fous, je préfère rentrer la tête dans le sable.

 

Note : 4/5

Plumpy Trash

La Source Vive – Ayn Rand

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La Source ViveTitre Original : The Fountainhead
Genre :
 
roman, littérature américaine, philosophie, politique
Auteur : Ayn Rand
Année :  1943
Nombre de pages : 686

Résumé : On est à New York dans les années 20, la ville change de visage et commence à s’élever dans les hauteurs. Le livre s’axe surtout au départ sur deux personnages, étudiants en architecture. Le premier est Howard Roark, un brillant étudiant, un génie visionnaire, mais dont les œuvres ne sont comprises que par peu de monde. Il est intransigeant et est capable de crever de faim pour ses idéaux. Le deuxième est Peter Keating, son camarade. Lui, il est bon mais pas top. Sa qualité principale est sa capacité à se frayer un chemin dans un monde de requins et il y arrive plutôt brillamment, ce qui fait qu’il gravit rapidement les échelons et devient très vite l’associé de Guy Francon, Le Top Of The Pops de l’architecture. La fille de ce dernier, Dominique, est une créature un peu surréaliste, adulée par tous mais comprise par personne. Elle est journaliste et tient une rubrique dans l’Etendard, la feuille de chou populaire du moment. Un de ses collègues, Ellsworth Toohey, est le chroniqueur star, communiste à souhait, qui ne croit qu’au collectivisme et à la collectivité. Dans les faits, c’est le manipulateur de l’histoire, il tire les ficelles de tout le monde pour toujours parvenir à ses fins. Leur Big Boss, c’est Gail Wynand, le patron de l’Etendard, qui est parti de rien du tout, mais qui est l’incarnation de l’American Dream et sa feuille de chou a un peu pouvoir de vie ou de mort sur tous.
L’action se déroule principalement entre ces personnages et leurs interactions, on passe une petite dizaine d’années à les voir monter et tomber ou vice-versa.

Ce que j’ai aimé : Ayn Rand s’est vraiment fait chier à nous décrire le petit monde tragique de l’architecture, avec ses grandes œuvres, ses habitations bon marché, ses marchés privés et publics. Bref, ce petit monde de requins.

Ce que je n’ai pas aimé : Les personnages sont vraiment trop stéréotypés et coincés dans leurs idéaux, ce qui les rend presque sans âme, alors qu’elle a voulu en faire des passionarias, chacun dans leur combat. Du coup, leurs interactions sont presque plates. Seul le personnage de Gail Wynand arrive bien à se sortir de tout ça, alors que finalement, c’est lui qui risquait de tomber le plus dans le stéréotype.
Ensuite, ce n’est pas super bien écrit. Et puis c’est long, mais alors looooong, comme un jour sans pain. Et pour un bouquin « philosophique », il y a un peu trop de place à la romance. D’ailleurs, la romance prend une place prépondérante dans le bouquin, avec ses bons gros moments de WTF : à un moment, deux persos se retrouvent après une très longue séparation, il la prend dans ses bras, et l’assoit sur ses genoux. A ce moment-là, tu te dis que ça va niquer (ça nique toujours dans les bouquins, quelle que soit l’époque) : eh ben nan, elle se laisse glisser par terre, pose sa tête sur ses genoux et ils se regardent, yeux dans les yeux. D’ailleurs, leur histoire commence par le fait qu’il la viole, et qu’elle aime ça -_-. Ayn Rand réussit à faire passer son message : le capitalisme nous viole tous et on aime ça…
Bref, les capitalistes y voient sûrement du génie dans cette œuvre; moi, je trouve que c’est largement oubliable.

Note : 2/5

DianaCagothe