Maus – Art Spiegelman

 

MausTitre Original : Maus
Genre :
 
BD, biographie, historique
Auteur : Art Spiegelman
Année :  1991
Nombre de pages : 295

Résumé : Art Spiegelman, auteur de BD, se met en scène et à nu ici. Il est le fils d’un couple de survivants de l’Holocauste. Il entretient une relation difficile avec son père, pure caricature du juif : avare et intolérant envers les autres communautés. Sa mère, Anja, s’est suicidé quelques années auparavant, sans même laisser une lettre. Art doit donc renouer avec son père pour retrouver le journal intime d’Anja, écrit pendant la guerre.
Art commence donc à rendre visite un peu plus régulièrement à son père, bien qu’à son corps défendant, pour commencer la série d’entretiens préalable à la réalisation de sa bande dessinée. Durant ces entretiens, le père raconte son expérience d’avant la guerre en Pologne, sa débrouillardise, ses épousailles avec une fille de riche, le début des ghettos, et pour finir l’argent qui ne les sauvera pas de finir à Auschwitz.

Ce que j’ai aimé : Bouleversant. Mais rien de ce que je pourrais dire ne saura retranscrire ce que cette BD a provoqué comme émotions. Oui, je sais, je ne serais que la millionième personne a faire une chronique élogieuse sur Maus. Parce qu’il faut l’avoir lue. Et c’est quelqu’un qui n’est pas forcément une fana des histoires de guerre, et encore moins de Shoah.
En fait, je suis admirative devant le monstre duquel a accouché l’auteur. Parce que c’est bien de ça dont il s’agit : il a réussi à extérioriser bon nombre de ses démons.
Il est le fils d’un survivant, quoiqu’il fasse, non seulement, il ne sera jamais à la hauteur de l’épreuve qu’a subi sa famille, mais il ressent de la culpabilité à avoir « une vie meilleure » : ses soucis ne seront jamais que des broutilles au regard de l’Holocauste. Et c’est une chose que son père aime lui rappeler au quotidien. La plus célèbre citation de l’œuvre, du père à son fils, enfant : « Des amis ? Tes amis ? Enfermez-vous tous une semaine dans une seule pièce sans rien à manger… Alors tu verras ce que c’est, les amis… »
Art Spiegelman doit également vivre en se sentant le rival de Richieu, son grand frère, qu’il n’a connu qu’à travers le portrait qui trône dans la chambre. Ses parents l’avaient confié à une tante en espérant le sauver. Cette dernière a empoisonné ses enfants et son neveu plutôt qu’ils soient déportés. Ce fantôme le hante, et Art ne se sent également pas à la hauteur, parce que Richieu, lui a connu l’horreur.
Et enfin, ce père, détestable en tous points… Art aimerait pouvoir communiquer avec lui. Il essaye à sa façon, mais ce père est trop marqué par les évènements qui ont jalonné sa vie, a subi trop de choses. Le père essaie également de communiquer avec son fils, il essaie de partager des choses avec lui, mais il est trop maladroit. C’est aussi pour ça qu’il accepte de revenir sur les douleurs du passé, la guerre, Richieu, Anja. Et je pense que c’est ça qui m’a le plus touché dans ce livre. Auschwitz c’est terrible, je crois qu’on est tous d’accord là-dessus et qu’on n’a pas besoin d’y revenir… Mais cette guerre qui a transformé ce jeune homme ambitieux, à qui la vie souriait, en cette caricature de ce que pourquoi il a été pourchassé. Cette relation père-fils qui n’arrive pas à se nouer, c’est tellement douloureux.
Bref, comme je vous l’ai dit précédemment, Maus est un monstre, qu’il n’est pas innocent d’ouvrir, mais on doit le faire. Votre vie ne sera définitivement plus jamais la même.

Ce que je n’ai pas aimé : Je suis tellement triste de ne pas pouvoir vous retranscrire correctement l’océan d’émotions que j’ai traversé lors de cette lecture, et même après. Et pourtant j’ai accouché de cette chronique dans la douleur, je n’ai pas pu le faire immédiatement après la lecture.

NDLR : Un immense Merci à Madame Zinzin pour cette lecture. Tu m’avais prévenue, mais je crois que rien ne peut prévenir à ça.

Note : 5/5

Nancy

Les Testicules de Jeanne d’Arc…. et autres surprises de l’histoire – Phil Mason

Les testicules de Jeanne d'ArcTitre Original : What needled Cleopatra… and other little secrets airbrushed from history
Genre :
 
essai, historique
Auteur : Phil Mason
Année :  2013
Nombre de pages : 328

Résumé : On le sait très bien, pour créer un bon mythe, il faut un bon marketeux qui nous vende un bon concept qui viole bien le cerveau pour que ça reste gravé à tout jamais à l’intérieur du dedans.
Forcément, l’histoire qu’on nous apprend à l’école (ou les médias qui font l’actualité, par exemple) est remplie d’enrobages (au moins ça). Phil Mason nous met dans le bain avec sa dédicace de départ : « A Phillip, qui a déjà suffisemment de difficultés avec l’Histoire. Voici pourtant quelques petites choses à désapprendre. Désolé, fiston! »
On en apprend beaucoup sur l’histoire des Etats-Unis, où la déclaration d’indépendance du 4 juillet ne date pas vraiment de cette date, que l’abolition de l’esclavage n’est pas forcément auréolée que de bonnes intentions. Certains personnages historiques, ayant gardé une bonne auréole n’étaient pas tant saints que ça : Charlot était exécrable, Lewis Carroll avait comme loisirs de prendre en photo des petites filles nues, Gandhi était un peu dans le même genre. Sur les sciences, on apprend également certains dessous. Une histoire m’a particulièrement touchée, c’est celle de la création du système métrique, jalonnée d’étapes « pas de bol ».

Ce que j’ai aimé : Plein de petites historiettes, à mettre aux WC, et à picorer!

Ce que je n’ai pas aimé : Je pense que ça ne doit pas se lire d’une seule traite. On s’en lasse un peu parfois.

NDLR : Merci mon chéri pour ce somptueux souvenir de vacances!

Note : 4/5

Nancy Tristan Kwaite

Le Problème Spinoza – Irvin D. Yalom

 

le problème spinozaTitre Original : The Spinoza Problem
Genre :
 
roman, littérature américaine, historique, philosophie
Auteur : Irvin D. Yalom
Année :  2014
Nombre de pages : 544

Résumé : Yalom fait se croiser deux destins, celui de Spinoza, inventeur d’une éthique de la joie au 17eme siècle, et celui d’Alfred Rosenberg, nazi qui joué un rôle décisif dans l’extermination des juifs. Leur lien ? Spinoza était juif, mais excommunié (à une époque où c’était tout sauf symbolique). Il a eu une grande influence sur des générations de penseurs et en particulier sur Goethe, auteur particulièrement apprécié des nazis en général, et de Rosenberg en particulier. Le jour où il découvre cela, encore jeune homme, Rosenberg est ébranlé. Il cherchera tout sa vie à résoudre « le problème Spinoza ». A savoir, comment un grand penseur tel que Goethe a pu admirer un juif ?

Ce que j’ai aimé : J’ai aimé le style toujours alerte et vivant de Yalom, son érudition historique, sa précision et sa justesse dans la description des mécanismes psychologiques (pour ceux qui ne connaissent pas Yalom, c’est un psychiatre américain qui s’est fait une spécialité d’écrire des romans à la fois psychologiques et philosophiques. Dit comme ça, ça a l’air chiant, mais c’est le plus souvent drôle et enlevé), la découverte très vivante de la société d’Amsterdam du 17eme siècle.

Ce que je n’ai pas aimé : J’ai moins aimé ne pas retrouver ma sensation de comprendre de l’intérieur le système philosophique de Spinoza, alors que cela a été le cas avec Schopenhauer et Nietzsche dans les précédents ouvrages de Yalom. Si j’ai compris sa position concernant la religion, je n’ai pas d’éléments suffisants avec le livre de Yalom pour comprendre en quoi il est l’inventeur d’un éthique de la joie.

Note : 4/5

Marion

Cent Ans de Solitude – Gabriel García Márquez

 

Cent Ans De SolitudeTitre Original : Cien años de soledad
Genre :
 
roman, historique, fantastique, littérature colombienne
Auteur : Gabriel García Márquez
Année :  1969
Nombre de pages : Plein dans la version de poche (NDLR: officiellement 437)

Résumé : C’est l’histoire de la famille Buendia qui vit dans le village imaginaire de Macondo, inspiré du village natal de l’auteur en Colombie. Dans la famille, les hommes s’appellent Jose Arcadio ou Aureliano et les femmes Ursula, Amaranta ou Remedios. On suit la famille sur six générations, depuis la formation du village par Jose Arcadio et sa femme Ursula, jusqu’au sort du dernier Aureliano… Toute l’histoire se passe à Macondo, mais on ne s’ennuie pas. Ce roman alterne des histoires inspirées de la vraie vie (guerre révolutionnaire, politique, secrets de famille…) et des éléments fantastiques (les tapis volants des gitans entre autres…) et se termine par un dénouement un peu fou qui explique le titre du livre…

Ce que j’ai aimé : Tous les éléments sont réunis pour produire une histoire exaltante: sexe, mensonges, secrets de famille, aventures, fantastique … et une fin parfaite! J’ai aimé que l’histoire se passe sur plusieurs générations, un peu dans le style de la série de Rougon-Macquart de Zola…

Ce que je n’ai pas aimé : Mais avec 22 Aureliano, et 5 Jose Arcadio, on se mélange un peu les pinceaux.

Note : 5/5

DrTomate

Cathares – Les Racines de l’Ordre Noir 2 – Patrick Weber

catharesGenre :  roman, historique, Cathares, littérature belge
Auteur : Patrick Weber
Année :  2008
Nombre de pages : 386

Résumé : 1952, la guerre est terminée. Notre ami Pierre Le Bihan, après avoir goûté à l’aventure, s’emmerde profondément à essayer d’enseigner l’histoire et n’arrive pas à oublier sa petite belette. Et puis, un coup de fil mystérieux d’une certaine Philippa, semblant venir tout droit du XIIe siècle, est la petite goutte qu’attendait Le Bihan pour se tirer de sa vie de merde. Direction : l’Ariège. Il va se mettre en quête, comme bien d’autres avant lui, du trésor des Templiers. Bon ben, forcément, ses recherches se heurtent au mutisme de la population locale : ah, l’Ariège. Quand même, il réussit à marcher sur les traces de ses copains les SS, en remontant le parcours d’Otto Rahn, qui avait pas mal déblayé le bouzin. Comme Le Bihan aime l’aventure, il va en avoir en retrouvant des membres de sa famille et en fricotant avec une néo-confrérie Cathare.

Ce que j’ai aimé : Ça se lit très vite, c’est sans prétention et c’est rigolo, si on aime les thrillers de musée (le suspense qui se mixe avec l’histoire, comme le Da Vinci Code)

Ce que je n’ai pas aimé : C’est un peu moins tripant que le premier tome.

Note : 3/5
DianaCagothe