Millénium – Stieg Larsson

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MilléniumTitre Original : Millenium
Genre :
 
 roman, polar, littérature suédoise
Auteur : Stieg Larsson
Année :  2007
Nombre de pages : 2378

Résumé : Pour le premier tome, Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, deux personnages vont se retrouver à enquêter sur une disparition vieille d’une quarantaine d’années. D’abord, Mikael Blomkvist, ex-journaliste star déchu après un papier mal fichu sur un magnat industriel. Ensuite, Lisbeth Salander, une femelette anorexique, qui parait avoir dix ans de moins que son âge, un peu Goth sur les bords, complètement asociale mais qui a de la ressource. Un autre vieux magnat de l’industrie les embauche pour enquêter sur la mort de sa nièce. Les deux futurs acolytes vont tomber sur un sacré sac de nœuds : famille/meurtres/business, un combo explosif.
Au début du deuxième tome, Super Blomkvist et Lisbeth Salander ne sont plus en contact, le temps a passé. Les deux derniers tomes se concentrent surtout sur l’histoire de Lisbeth. Elle est accusée du meurtre de Dag Svensson, un nouveau collaborateur de Millénium et de sa femme. Le journaliste était sur le point d’achever une grosse enquête à scandale au sujet de la prostitution : nombre de personnes « bien placées » pourraient être amenées à tomber. Super Blomkvist a un peu du mal à croire à la théorie de la police sur la culpabilité de Lisbeth, alors que l’arme du crime porte ses empreintes et que son tuteur, Nils Bjurman, est lui aussi retrouvé mort, la même nuit que les autres.
L’enquête va se poursuivre le long du troisième tome également. On va découvrir que l’histoire de Lisbeth est intimement liée à un gros scandale d’état, impliquant une partie de la Sapö, le service des renseignements. Blomkvist va enquêter pour blanchir son amie, au risque de sa réputation et aussi sa vie.

Ce que j’ai aimé : Moi qui ne suis pas une très grande fan de polars, j’ai compris pourquoi cette trilogie a été un succès mondial. Il ne faut pas avoir peur de plonger dans les plus de deux milles pages du cycle. Comme j’aime assez rester longtemps dans des univers, je me suis sentie comme un poisson dans l’eau. L’écriture de Stieg Larsson est très détaillée, il aime à nous faire visualiser les scènes comme au microscope. Toutefois, l’action n’en pâtit pas du tout, parce qu’il se passe plein de choses tout le temps et le rythme est assez effréné malgré la longueur des pages. L’auteur a trouvé le bon combo pour happer l’imagination et l’attention. Chaque fois qu’on ferme les bouquins pour reprendre une vie normale, on est un peu déchiré.
Cette œuvre a quelque peu changé ma vision du polar, pour une fois, j’ai l’impression qu’on n’a pas eu de gros persos bien stéréotypés sortis de sous les fagots. C’est frais et sombre à la fois. N’hésitez pas à vous jeter dedans. Mais si vous êtes amateurs de café, préparez les cafetières et les thermos. Non seulement les personnages n’arrêtent pas d’en boire, ce qui met l’eau à la bouche, mais vous n’aurez plus envie de dormir tant que vous ne serez pas arrivé au bout au moins du premier tome.

Ce que je n’ai pas aimé : Que la saga se fasse continuer après la mort de l’auteur, alors que ça aurait pu se terminer comme ici. Mais on verra plus tard pour la suite.

Note : 5/5

DianaCagothe


Running Man – Richard Bachman aka Stephen King

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Running ManTitre Original : Running Man
Genre :
 
roman, dystopie, science-fiction, thriller, littérature américaine
Auteur : Richard Bachman/Stephen King
Année :  1982
Nombre de pages : 316

Résumé : Je suis sur une chiantitude en ce moment, et j’ai voulu m’aérer l’esprit avec quelque chose de court, de dynamique, et d’efficace. Ça tombe bien, je crois que ce bouquin était dans ma liseuse depuis une éternité…
Donc, on va se téléporter en 2025, dans une société américaine où les inégalités sont toujours plus grandes et les castes plus marquées. Les hypra-pauvres vivent dans des taudis, bossent dans des usines qui les rendent stériles. La misère… Le seul espoir réside encore dans le divertissement, panem et circenses! Ben Richards, qui a été amoureux de Sheila, a même eu une petite fille, contre toute attente. Mais bichette, elle a un truc qui lui ravage les poumons. Alors pour gagner un peu de fric, il va s’inscrire dans un jeu télé, ou Libertel, comme on dit, et qui est tellement bien trouvé…
Mais comme dans la vraie vie, tu es de la chair à canon, c’est pas toi qui décide, c’est la série de tests qu’on te fait passer qui détermine dans quelle émission tu iras perdre ta dignité pour un bout de gras. Pour Ben, c’est le jackpot, il est sélectionné pour La Grande Traque. Tu dois survivre chaque jour à une grande traque dans le pays. Il faut tenir le mois entier pour remporter le gros lot. Evidemment, tout le monde est payé pour te dénoncer si tu croises son chemin, et celui qui te file un coup de main est voué à une mort, pas tellement douce.

Ce que j’ai aimé : L’efficacité de ce roman. Il est court, très rythmé, avec de l’action en permanence, tu ne souffles jamais. King nous a concocté un chapitrage sous forme de compte à rebours, si bien que tu ne t’arrêtes jamais, tu ne peux pas lâcher.
Ensuite, difficile de ne pas faire un rapport avec 1984 et Hunger Games. Même si chronologiquement, on voit qui s’inspire de qui, les dystopies se succèdent dans mon cerveau et m’apportent un regard assez déplaisant sur notre décadence (oui, c’est dans la rubrique « ce que j’ai aimé », parce que j’aime réfléchir, des fois) : la place du divertissement poussée à son paroxysme et son influence sur la société. Ça m’épate toujours de voir quelle vision est montrée du futur et de nous voir nous y diriger quand même… Bon allez, promis, je fais une pause dystopie, je veux pas te perdre, toi, cher lecteur…

Ce que je n’ai pas aimé : Bien que n’ayant pas vu le film, Schwarzy est présent sur certaines éditions de ce roman, et j’avoue que, même si ça freine un peu l’imaginaire personnel, je l’ai vu lui tout au long de cette course-poursuite.

Note : 5/5

DianaCagothe


1984 – George Orwell

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1984Titre Original : 1984
Genre :
 
roman, science-fiction, anticipation, littérature anglaise
Auteur : George Orwell
Année :  1949
Nombre de pages : 448

Résumé : Vraiment? Je dois vous résumer l’histoire? Allez bon, je suis sûre que, bien que dans l’inconscient collectif Big Brother soit omniprésent, tout le monde ne connaît pas l’histoire. C’est pourquoi je l’ai ressorti de mes cartons poussiéreux de lycéenne pour la relire, et aussi pour la savourer sous un nouveau jour, et dans un nouveau millénaire et un nouveau monde.
On commence par suivre celui qui sera notre héros, ou plutôt qui tentera de l’être, Winston. C’est un membre du Parti, mais pas une tête pensante. Ca fait quand même de lui quelqu’un de pas trop mal placé dans la société : en langage sondagien, on dirait que c’est la ménagère de moins de 50 ans, enfin bon, tu vois ce que je veux dire. Il a un boulot de merde dans un ministère, à manipuler de l’information, à refaire l’histoire au fur et à mesure des changements politiques. On est dans un monde assez simple : 3 pays/continents, toujours en guerre, à deux contre un, mais pas moyen de savoir si l’ennemi d’aujourd’hui est celui d’hier, puisque tout est continuellement manipulé.
Mais Winston, pas que débile et pas qu’obéissant, il voit passer certains trucs qui le chiffonnent, et il se met à réfléchir à cette société, à remettre en question ses acquis, et à ne plus forcément boire comme du petit lait ce que raconte le télécran et son leader, Big Brother (l’hyper-président, comme dirait aujourd’hui la journalistico-intelligentsia de la Rive Gauche, ou l’expert lambda de « C dans l’air »)

Ce que j’ai aimé : Winston, ce pauvre Winston. Ce qui le rend tellement attachant, c’est que ce n’est pas un héros, c’est toi et moi, juste un pauvre type, qui n’est pas tellement attirant, et qui commence tout juste à se poser des questions, aimerait améliorer un peu le quotidien, juste kiffer sa vie. Sa compagne Julia, avec qui il entretient des rapports un peu ambigus. Elle c’est une filoute, la grande révolution, toussa, ça ne l’intéresse pas : son délire c’est niquer le système pour carpe diem. Winston entretient avec elle des rapports ambigus, la déteste et l’aime à la fois, mais elle devient quand même une bouffée d’air frais dans ce monde de brutes.
Oui, ce n’est pas une image, c’est vraiment un monde de brutes. T’as intérêt à filer droit mon Coco, même quand tu fais ta gym le matin, gare à la vilaine qui te gueule dessus derrière le télécran. Orwell nous a conçu un fuckin’ cauchemar de life : déjà, ta vie c’est de la merde, dans un monde de merde, où tu bouffes même pas à ta faim, seul compte la collectivité et le moindre pet de travers te conduit en chambre de torture. Ton mantra dans ta vie de chiotte, c’est de tout faire pour Big Brother, ton leader charismatique. Plus rien ne compte d’autre. Pour que tu y arrives bien, on te lave le cerveau à chaque minute de ta vie, réécriture de l’histoire, mais aussi du présent, simplification à l’extrême de la langue pour te rétrécir la pensée comme une bite à poil en plein hiver. La Novlangue, nom d’une pipe, la Novlangue…
Alors au départ, t’enquilles le livre, à la fraîche, détendu du gland, tu n’y vois qu’une critique de l’U.R.S.S. (surtout si comme moi, tu viens d’une fin de siècle). Et c’est ce que j’y avais vu dans mes yeux de lycéenne. Entre temps, le monde a bien changé, moi aussi. C’est là que le bouquin prend toute son ampleur et te met toi, petit lecteur, dans un bon gros malaise de sous les fagots. Ca fait des années qu’on t’agite le cerveau avec Big Brother, grâce à Grand Gogole, t’as plus de vie toussa. Oui, bon, effectivement. Mais quand tu colles au bouzin l’actualité politique de ces trente dernières années, au fait qu’il faut toujours un Grand Satan, avant l’U.R.S.S., maintenant le Djihad, la croissance constante des pouvoirs de l’Etat, les castes, le maintien constant dans la peur, tellement en Vigipirate dont ils ont abusé de tout le nuancier du rouge. Pourquoi? Tu fermes le bouquin, tu pleures un bon coup, et tu dis non à la Propagande. Tu ne regarderas plus jamais un documentaire, ni sur TFM6, ni sur Arte, ni sur le Web, chacun essayant juste de coller dans le cerveau sa propre vision.
Pardon, je m’égare, mais ce livre à réouvert quelque chose en moi, une étincelle : non, je ne vais pas m’engager dans une quelconque cause, je veux juste rester libre et qu’on arrête de me ronger le cerveau. Merci Orwell, quel putain de visionnaire : tu fais mal, mais c’est pour mon bien.

Ce que je n’ai pas aimé : Devenir encore plus lucide…

Note : 5/5

DianaCagothe


L’Oeil du Purgatoire – Jacques Spitz

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L'oeil du purgatoireTitre Original : L’oeil du purgatoire
Genre :
 
roman, science-fiction, littérature française
Auteur : Jacques Spitz
Année :  1945
Nombre de pages : 198

Résumé : On commence à suivre Jean Poldonski, peintre maudit que parce qu’il aime se faire chier, faire chier et conchier, un peu comme les enfants hurlant à l’envi qu’ils s’ennuient. Au détour d’une balade, attiré sur le marché par un vendeur de cartes de visites, il flâne et s’intéresse à un vieux, Dageldorff, qui se prend pour un génie.
Good mood, ce jour-là, il a envie de l’écouter pour mieux s’en moquer. Alors c’est vrai que papy, de la connerie, il en débite en tranches. Il expérimenterait le fait que tout le monde ne vit pas dans le même continuum temps, et il a tripoté des lapins de Sibérie pour en tirer des conclusions.
Poldonski, tout de suite, la radoterie scientifico-crazy, ça le lasse, il se barre, mais le vieux de l’en lâche pas moins, maintenant qu’il a trouvé une oreille qui a été attentive plus de cinq minutes.
Et puis, un matin, lendemain d’une dernière journée pré-suicide (artiste maudit qui ne sait plus comment faire sa diva), Poldonski se lève, et l’eau de son robinet est dégueulasse. Pour s’en remettre, il va lire son journal, qui a l’air d’avoir être passé par l’état de torchette. Alors pour encore se consoler, il va se taper un bon graillon! Que nenni, c’est goutû, mais ça ressemble à du vomi. Bon, bon, c’est de bien de la malchance et de l’aventure pour ce gens-là.
Et puis les jours passent, et c’est de pire en pire, les gens dans la rue semblent soudain victimes d’une certaine décrépitude, même les nouveau-nés que les daronnes baladent au Luxembourg, ont un certain air de Benjamin Button. Le temps semble s’être mis à bizarrement accélérer, visuellement parlant tout du moins, parce que le maudit, se lance dans la photo et voit que le temps n’avance pas tant que ça.

Ce que j’ai aimé : Han, je suis époustouflée par ce roman. Je n’avais rien lu, pas de quatrième de couv’, pas de résumé. Si vous vous lancez dans l’aventure, vous pouvez y aller les yeux fermés. Le concept science-fictionnesque est simple, mais tellement bien travaillé, amené, décortiqué. Si vous n’êtes pas amateur, ce n’est pas bien grave, ce de l’oldie, donc c’est plus philosophique que scientifique.
La question que je me pose est : mais comment cet auteur a-t-il pu être oublié à ce point? Vraiment, comme A rebrousse-temps de Philip K. Dick., il ne fait que retourner dans mon cerveau. Ce qu’il a de plus, c’est que vraiment, il décortique le côté misérable et miséreux de l’Homme.

Ce que je n’ai pas aimé :Ne pas être tombée dessus avant.

Note : 5/5

DianaCagothe


Le Meilleur des Mondes – Aldous Huxley

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le meilleur des mondesTitre Original : Brave New World
Genre :
 
 roman, science-fiction, dystopie, anticipation, littérature anglaise
Auteur : Aldous Huxley
Année :  1932
Nombre de pages : 433

Résumé : Vraiment? Vous ne connaissez pas ce roman? Allons, allons, vous en connaissez au moins les grandes lignes. Quelque part, quelques siècles après notre Ford (oui, le roi de la bagnole, devenu icone de la religion consommation), un monde aseptisé. Pardon, un monde débarrassé de toute sa violence, de ses passions, de ses interrogations. Si la mort n’est pas encore vraiment tout à fait éradiquée, la maladie l’est, et son pendant, la vieillesse. Dans ce monde, pas besoin de chercher un sens à vie. On naît dans une éprouvette, avec quelques autres dizaines de clones de soi. On appartient à une caste, qui va de Alpha à Epsilon, avec chacune ses missions, ses travaux, ses divertissements. Et de la naissance à l’âge adulte, on est conditionné à être heureux dans ce monde, à dépenser de l’argent, à aimer son travail et s’acoquiner avec qui bon vous semble, tout en étant encouragé à consommer du Soma, la drogue légale qui vous transporte et sait bien tuer toute animosité en vous.
Des fois, on a beau naître dans une des cases prédéterminées, on est un peu à côté de la plaque, comme Bernard, cet Alpha à gueule de Delta, qui commence à penser un peu à part, aimerait conchier cette société. Il en aura l’occasion, lors d’une visite dans une réserve de sauvages : parce qu’il reste encore quelques personnes qui n’ont pas « profité » de ces belles révolutions du progrès, parce qu’on a estimé que ça n’aurait pas forcément été rentable. Dans cette réserve, Linda, une ancienne Beta, s’y est perdue de nombreuses années auparavant, et a eu, comble de vulgarité, un enfant, maintenant adulte : John. Bernard, pas benoît pour un sou, va ramener John dans sa civilisation, mais tout va perdre son sens, pour tous.

Ce que j’ai aimé : Vingt ans après une première lecture, même si l’histoire s’était peu ou prou effacée de ma mémoire, le monde m’avait marqué de manière indélébile. Je referme ce livre et je regarde ces deux décennies qui se sont écoulées et Huxley a été incroyablement visionnaire : je suis là, et je vois le monde qu’il nous décrit arriver. Oh bien sûr, pas forcément tel quel, mais la philosophie y est : l’abrutissement des masses.

Ce que je n’ai pas aimé : Rien, ce bouquin est un coup de poing.

Note : 5/5

DianaCagothe