L’amour, Béatrice – Janine Boissard

L'amour, BéatriceTitre Original : L’amour, Béatrice
Genre :
 
roman, épistolaire, romance, littérature française
Auteur : Janine Boissard
Année :  1990
Nombre de pages : 249

Résumé : Le roman s’ouvre sur la lettre de Jean. Il a vu Béatrice sur scène lors d’une conférence sur l’enfance maltraitée et son intervention lui a fait de l’effet. Béatrice est en effet bénévole dans une asso qui s’occupe des jeunes enceintes. La Béa, contre toute attente, lui répond et commence à lui raconter des bouts de vie. On découvre qu’elle est dans une belle cage dorée : épouse de diplomate, mère au foyer, fille qui a des choses à régler avec sa reum. Ça tombe bien, Jean est psy. Il tente de lui faire prendre confiance en elle. Ça marche tant et si bien que, malgré leur pacte de ne jamais se rencontrer ni même se téléphoner, Béatrice va commencer à les barreaux de sa cage dorée.

Ce que j’ai aimé : Je l’avoue franchement, j’ai pioché ce livre au hasard, sans même avoir une idée de sa 4e de couv’ et c’est finalement une bonne surprise. Le côté épistolaire rend le récit très léger, facile à lire. L’écriture, un peu désuète (j’aurais même pensé que le bouquin datait des années 60), est très élégante et fluide. On se laisse bien embarquer. C’est un bouquin idéal à emmener le dimanche après-midi à la campagne, pour se dorer la pilule au soleil après un déjeuner de famille qui s’est éternisé.

Ce que je n’ai pas aimé : La couv’, le titre, le nom de l’auteur, le pitch, tout ça sent bien la naphtaline quand même. Si la première moitié est très bien, on sent que vers la fin, la mère Boissard se démène pour que sa belle histoire se termine tout comme il faut. Mais ça reste quand même une feel-good story.

Note : 3/5

DianaCagothe

Knock – Jules Romains

KnockTitre Original : Knock
Genre :
 
théâtre, humour, littérature française
Auteur : Jules Romains
Année :  1920
Nombre de pages : 152

Résumé : Le Docteur Parpalaid, c’est un toubib qui n’en glande pas une ou presque. Sa patientèle est donc, on ne peut plus autonome, même si dans le coin, il n’y a pas l’air d’y avoir de rebouteux ou de sorcière. Bref, le Parpalaid, il essaie quand même d’enrober sa belle affaire comme un oeuf de Pâques pour la refourguer au Docteur Knock. Ne Pimp My Ride pas qui veut, le Knock, il sent le coup foireux, mais il a de la suite dans les idées et le sens du business. Il commence à se maquer avec le pharmacien, lance une consultation gratuite. Forcément, ça ramène du monde qui ne demande que ça, raconter sa misère. Il est tellement à l’écoute, que parfois même, ça en lance plus d’un à avoir la vocation de la maladie.
« LE TAMBOUR – Quand j’ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. Ça me chatouille, ou plutôt ça me gratouille.
KNOCK – Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous. gratouille
LE TAMBOUR – Ça me gratouille. Mais ça me chatouille bien un peu aussi…
KNOCK – Est-ce que ça ne vous gratouille pas davantage quand vous avec mangé de la tête de veau à la vinaigrette ?
LE TAMBOUR – Je n’en mange jamais. Mais il me semble que si j’en mangeais, effectivement, çà me gratouillerait plus. »

Ce que j’ai aimé : Je suis retombée sur cette œuvre, que j’avais complètement oublié de l’intérieur, même si je me souviens d’y avoir passé quelques cours de français bien endiablés au collège. Et cette pièce est non seulement très drôle, avec des personnages bien bourrus et hyper bien dessinés, mais en plus son thème est très contemporain. Knock fait son fond de commerce sur la « peur maîtrisée » : ses clients vivaient très bien avant son arrivée, mais d’un coup, ils se découvrent des maladies qui ne les handicapent pas encore, mais qu’il faut surveiller comme de l’huile sur le feu. Et franchement, quand tu te promènes sur les internettes modernes avec un peu de recul, finalement en un siècle, ça n’a pas tellement bougé. Évidemment, parallèlement à cette lecture, vous conseille de vous taper l’intégrale du Pharmachien. Et d’emmener ce bouquin à votre prochaine consultation : il se lit très vite, et sera du plus bel effet dans la salle d’attente.

Ce que je n’ai pas aimé : Même si le thème reste très actuel, faut pas se leurrer, ça a un peu vieilli quand même.

Note : 3/5

DianaCagothe

Les Justes – Albert Camus

Les JustesTitre Original : Les Justes
Genre :
 
théâtre, littérature française
Auteur : Albert Camus
Année :  1949
Nombre de pages : 150

Résumé : 1905, dans un appartement Moscovite, un groupe de terroristes révolutionnaire se prépare à tuer le grand-duc lors d’une soirée au théâtre. Ils peaufinent les derniers détails qui jettera chacune des bombes et le timing. Au dernier moment, Kaliayev se débine, parce qu’il croise le regard des neveux du grand-duc.
L’attentat est reporté et finit par réussir deux jours plus tard. Kaliayev est arrêté puis pendu.

Ce que j’ai aimé : Il s’agissait pour moi moi d’une relecture, la première fois ayant eu lieu dans le cadre scolaire. Dans mes yeux d’adolescente, j’avais adoré tout ce romanesque : engager sa vie pour une cause, la révolution pour la fin de la noblesse, l’amour impossible, des personnages marqués et tranchés.

Ce que je n’ai pas aimé : Ma relecture avec mes yeux d’adulte m’a mise très mal à l’aise. Ironie du sort, j’avais mis ce bouquin dans mon sac à main le jour des attentats de Bruxelles. Dans le contexte actuel, plein de choses se sont bousculées dans ma tête. J’ai presque trouvé l’oeuvre déplacée, hors de propos. Alors qu’elle joue son rôle, elle incite d’autant plus à la réflexion.

Note : 3/5

DianaCagothe

Alex – Verhaegen 2 – Pierre Lemaître

AlexTitre Original : Alex
Genre :
 
 roman, policier, littérature française
Auteur : Pierre Lemaitre
Année : 2011
Nombre de pages : 400

Résumé : Alex est une fille qui aime à changer de style. Elle affectionne particulièrement les perruques. Je ne dirais pas qu’elle a de multiples personnalités, non, juste une envie de s’amuser. Devant une vitrine, elle s’aperçoit qu’un mec la regarde avec insistance. C’est marrant, sa tête lui dit quelque chose… Elle s’en souvient maintenant, elle l’a eu en face d’elle dans le métro. Sûrement un mec un peu plus relou que les autres. Tant pis…
En rentrant chez elle, le type l’agresse, la fait monter de force dans une camionnette et l’embarque dans un entrepôt désaffecté de la banlieue. Alex s’attend à tout, le viol, la torture, la mort. Pourquoi elle? Parce que c’est elle et qu’il veut la voir crever. Il l’enferme dans une fillette : une cage où elle ne pourra jamais se déplier correctement, la suspend au plafond, la nourrit de croquettes pour animaux et la laisse en compagnie de gros rats d’égouts.

Ce que j’ai aimé : Sous son apparence de bon gros pitch bien classique, ce petit bouquin est très surprenant. Tout d’abord, il est divisé en trois actes où la victime devient bourreau puis victime, mais d’une manière très originale et inattendue. Du coup, le bon gros manichéisme des familles en prend un coup derrière le ciboulot. Et moi ça j’aime bien, les cinquante nuances de gris. Au final, c’est la justice qui triomphe, mais de quel point de vue?

Ce que je n’ai pas aimé : Les flics hyper stéréotypés. Ok, l’auteur se sert des ficelles du genre pour les nouer et les dénouer à sa guise, le résultat est sympa, mais ça donne quand même un côté lassant avant que l’intrigue se mette complètement en place. Et pour rentrer dans l’histoire, c’est chiant.

Note : 3/5

DianaCagothe

Retour à Brooklyn – Hubert Selby Jr

Retour à BrooklynTitre Original : Requiem for a dream
Genre :  roman, littérature américaine
Auteur : Hubert Selby Jr.
Année :  1978
Nombre de pages : 302

Résumé : On suit le destin d’une mère, veuve, et son grand fiston, Harry. On est chez les classes populaires juives de Brooklyn. Sara, se sent bien seule depuis que son mari est mort et que le fils, un peu galérien, post adolescent, lui en fait un peu voir de toutes les couleurs, notamment en mettant régulièrement la télé au clou.
Harry, c’est un petit camé de petite envergure, m’as quand même gentil garçon. Au moment où le shoot est encore beau, la vie est belle, avec son pote Tyrone et sa meuf Marion. Tout ce petit monde là a même un minimum d’ambition, en se mettant à dealer de l’héro, pour se faire un petit pactole, et puis se mettre au vert.
Pour Sara, la vie redevient belle lorsqu’un coup de fil lui pose quelques questions pour participer potentiellement à une émission de télévision. Elle décide d’entamer un régime pour rentrer dans la jolie robe rouge et les souliers dorés de la barmitsva de Harry.
Mais évidemment, on n’est pas dans le conte de fées : pour Harry, Tyrone et Marion, ça va être la descente aux enfers de la dépendance et la pénurie de drogue savamment orchestrée par la mafia. du coin. Pour Sara,  une attente désespérée pour passer à la télé, et également une plongée dans les amphétamines, pilules magiques qui étaient données par des médecins peu scrupuleux qui vont la mener jusqu’à la folie.

Ce que j’ai aimé : Ce bouquin a été une vraie claque, et qui continue à tourner et retourner dans mon cerveau. Si les histoires des jeunes sont des sujets plus communément abordées dans la littérature, ils sont abordés de manière radicale et douloureuse. Ce qui m’a le plus touché, c’est le personnage de Sara : le thème de la vieillesse et son inexorable solitude, qui amènent cette femme à se construire un monde complètement parallèle. L’omniprésence de la télé et surtout son omnipotence dans l’esprit humain sont carrément flippants, mais malheureusement tellement réels. De ce côté, ça m’a beaucoup rappelé Running Man, que j’avais adoré. Pour une fois d’ailleurs, je ne saurais que vous conseiller de regarder l’adaptation cinématographique : Requiem for a dream.

Ce que je n’ai pas aimé : Le style de l’auteur est carrément déroutant, avec son langage cru un peu dépassé, ainsi que son absence de ponctuation qui rendent parfois le texte un peu lourd.

Note : 3/5

DianaCagothe