Quelqu’un d’autre – Tonino Benacquista

Quelqu'un d'autreGenre :  roman, littérature françaisethriller
Auteur : Tonino Benacquista
Année :  2002
Nombre de pages : 378

Résumé : Lorsque j’ai croisé ce bouquin, déjà, j’étais en confiance : Malavita du même auteur m’avait fait bonne impression. Et la quatrième de couv’ balance cash : « Qui n’a jamais eu envie de devenir « quelqu’un d’autre »? Celui que l’on a toujours voulu être? Celui qui n’aurait pas abandonné, en cours de route, ses rêves et ses désirs? ». Mouhaha, moi qui suis très « Erase & Rewind », je me suis dit que ça devait sûrement être un peu l’histoire de ma vie. Alors bingo-chalumeau!
On a deux gars, qui sont plutôt bonnards au tennis, mais qui n’ont jamais réussi à être transcendants. Comme un fait exprès, ils sont inscrits au même club, mais ne tapent jamais trop la balle avec l’adversaire. Un jour pas comme un autre, ils décident de voir un peu comment ils s’en sortent. Histoire virile et poilue que ce match : ils se jaugent le pistolet, ou plutôt la raquette, se regardent jouer, s’observent, commencent à dégainer quelques coups de sous les fagots. Le niveau est sensiblement identique, un beau match bien endiablé, plein de sueur comme une fosse au Hellfest. Les deux moyens se font leur petit choc des titans, si bien que des groupies commencent à s’attrouper autour du court.
Après cette cowboyade digne du Far West de la terre battue, ils décident de s’en jeter une et de faire connaissance. Panem et circenses, y’a que ça de vrai. Mais en guise de pain, parlons plutôt de vodka. Chauds comme la braise, ils commencent à refaire le monde, et surtout à se refaire eux-mêmes. Après un tel moment, pourquoi ne pas tenter le coup? Ils se lancent alors le pari de changer de vie, vivre leurs rêves, de carpe-diemer à mort et se donner rendez-vous trois ans plus tard.
Thierry Blin, le petit artisan encadreur a toujours rêvé d’être détective privé. Quant à Nicolas Gredzinski, souffre-douleur dans une boîte n’a jamais rêvé de grand chose, mais vient de se faire dépuceler le foie. Et comme tout bon néo-décadent découvrant l’ivresse des grandeurs, ne rêve maintenant que retrouver ce sentiment de puissance.

Ce que j’ai aimé : Comme je le racontais au départ, pour moi, le changement ce n’est pas que maintenant. Alors ça m’a beaucoup parlé. Mais même si vous êtes du genre routinier-routiniste militant, ça vous fera quand même un petit frisson comme le regard chatoyant d’une youporneuse. Le bouquin se lit bien (voire d’une traite), écriture encore une fois très fluide. L’immersion est immédiate : même heureux, l’herbe est toujours plus verte ailleurs, même si parfois le gazon se révèle maudit. C’est léger tout en laissant des portes ouvertes à la réflexion sur soi.

Ce que je n’ai pas aimé : Au départ, les deux héros étaient tellement fadasses que j’avais du mal à les différencier. Chaque chapitre étant consacré alternativement l’un à l’autre, je m’emmêlais les blaireaux. Sans doute volonté de l’auteur, pour pouvoir leur mettre un peu de sel, poivre et tabasco au fur et à mesure. 

Note : 5/5

Plumpy Trash

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