2084 : la fin du monde – Boualem Sansal

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2084Titre Original : 2084 : la fin du monde
Genre :
 
roman, anticipation, science-fiction, littérature algérienne
Auteur : Boualem Sansal
Année :  2015
Nombre de pages : 274

Résumé : Ce n’est pas une référence, c’est un pic, un cap, une péninsule : oui, quelqu’un s’est attaqué à la suite de 1984. Le monde se résume à l’Abistan, le pays d’Abi, le délégué de Yölah. L’abistanais ne vit que pour ses rites religieux, ne sort jamais de son quartier, jubile à dénoncer son petit voisin. Bref, un peuple simple, avec des idées simples.
Forcément, un gars, va petit à petit, juste commencer à s’interroger. Remettre en question, pas question, mais juste essayer de comprendre.

Ce que j’ai aimé : Le roman se lit très bien, très vite, comme un livre de rentrée… L’auteur a construit une religion nouvelle à partir de ce que l’on imagine les restes de l’Islam : autant par les tenues, que par la place de la femme, le nombre de prières, le désert. Bref, il a assez bossé son univers.

Ce que je n’ai pas aimé : Peut-être que j’enchaîne trop tôt par rapport à 1984, mais je ne suis que déception. Tout d’abord, on reste grosso modo dans la même histoire avec la même trame : le lambda qui se questionne sur le monde qui l’entoure, un langage affaibli au maximum pour limiter la pensée, une élite qui opprime son peuple  pour mener un train de vie de pacha. Sansal a remâché Orwell : là où Orwell s’inspirait du communisme, le grand Satan de l’époque, pour donner vie à sa vision horrible de l’avenir, Sansal essaie de calquer le modèle totalitaire mais du point de vue religieux. Bon, c’est dans l’air du temps, hein? Mais là où il abuse, c’est qu’il nous reprend le génialissime coup du novlangue. Mais du coup, on n’a qu’une impression de couette en patchwork dans une vieille cabane texane : c’est joli de loin, mais ce n’est pas la tapisserie de Bayeux. Loin de l’hommage, j’y vois l’opportunisme du plagiat au grand jour, celui qu’on n’osera pas dénoncer parce qu’assumé.

Note : 2/5

DianaCagothe


Oona & Salinger – Frédéric Beigbeder

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Oona & SalingerTitre Original : Oona & Salinger
Genre :
 
roman, biographie, littérature française
Auteur : Frédéric Beigbeder
Année :  2014
Nombre de pages : 335

Résumé : Deux adolescents, presque adultes, dans un monde en plein mutation, dans des comportements déjà adultes. On a J.D. Salinger, l’écrivain en herbe qui écrira par la suite, l’Attrape-coeurs, 21 ans, qui traine au Stork Club. On the other hand, on a Oona O’Neill, fille du dramaturge Eugene O’Neill, aujourd’hui oublié ou presque, mais star en son temps. Oona a 15 ans et mène une vie très parishiltonienne, future épouse de Charlie Chaplin, à qui elle fera 8 enfants. Elle traine aussi au Stork Club. Ces deux timides vont se rencontrer, un peu s’aimer, beaucoup se détester, mais vont garder un lien indéfectible qui traversera la vie, la guerre, la maladie et la mort.

Ce que j’ai aimé : Beigbeder, dans cette biographie romancée, transcende le premier amour, l’initiatique, celui qui détermine comment tu aimeras les autres dans la vie. On dit que les histoires d’amour finissent mal en général, ici, elle n’a même pas bien commencé. Ce qui est fort ici, c’est leur incapacité à aimer, si jeunes et déjà si blasés. Oona ne trouve son bonheur que dans quête à trouver un père de substitution. Quant à Jerry, plus amoureux d’Oona, emmènera une image d’elle de vierge sadique, mais qui l’aidera tout de même à traverser et gagner la grande loterie des survivants de la seconde guerre mondiale.
J’ai aussi beaucoup aimé comment Beigbeder utilise les yeux de Salinger pour nous décrire comment la guerre est sale, prosaïque, sanglante et folle : mon passage préféré est cleui où Salinger rencontre Hemingway à la libération de Paris, et où ils devisent sur l’image la plus ressemblante pour décrire un crâne fracassé : un pot de fleurs ou de la confiture mélangée de blanc d’œuf?
Ce livre m’apporte également un nouveau regard sur l’Attrape-Cœurs, que je relirai sans doute d’une autre manière à la lumière de la vie de l’auteur. Je ne m’attendais vraiment pas à cette bonne surprise :Beigbeder, comme Houellebecq et Despentes, ont accompagné le début de ma vie d’adulte, avec l’expression des révoltes que je portais en moi et on mis des maux à mes mots. Je me disais que 20 ans plus tard, j’avais pris un chemin différent et que je ne retrouverai pas goût à cette littérature, mais on vit dans le même siècle, on vieillit ensemble. J’ai apprécié la sérénité qui se dégage de Beigbeder lorsqu’il se raconte un peu à la fin. Finalement, je vais peut-être retrouver le goût à cette littérature contemporaine empreinte d’un côté sulfureux comme l’est ma vie.

Ce que je n’ai pas aimé : C’est une biographie romancée, je vais devoir démêler le vrai du faux maintenant.

Note : 4/5

DianaCagothe


L’œuf de Dragon – Préludes au Trône de Fer 2 – George R.R. Martin

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l'oeuf de dragonTitre Original : The Mystery Knights
Genre :
 
 nouvelle, fantasy, médiéval fantastique, littérature américaine
Auteur : George R.R. Martin
Année :  2010
Nombre de pages : 192

Résumé : Nous voici de retour un siècle à peu près avant les aventures de nos chers Stark et Lannister. Les Targaryen sont encore dans la place, même si, comme une fin de race, l’œuf est déjà pourri de l’intérieur.
On retrouve donc nos deux héros : Dunk, le chevalier bon, brute mais pas truand, ainsi que son royal écuyer masqué, Aegon, dit l’Oeuf. Comme bons chevaliers errants, ils parcourent les Sept Royaumes pour mettre à disposition leur chevalerie. Même si ça en a l’air, ce n’est pas une vie trépidante tous les jours, mais plutôt une succession de repas composés de bœuf séché, aussi sympa que du cuir à mâcher. Alors quand un petit tournoi se présente, Dunk s’y jette à corps perdu : il n’espère pas forcément le remporter, juste se faire un peu de maille, pour avoir la cotte (huuu, je me suis déchirée là!).

Ce que j’ai aimé : Pas grand chose. C’était bien de retrouver nos deux héros.

Ce que je n’ai pas aimé : C’est une nouvelle, donc pas beaucoup d’espace. Et l’auteur, comme à son habitude, nous déploie une situation géo-politique qu’il faut replacer historiquement. Il le fait vite, mal. Donc on a du mal à comprendre le contexte au départ. En plus forcément, on se retrouve dans un nid de vipères, ce qui fait qu’on a du mal à comprendre qui est qui, quel est son intérêt. Bref, je pense qu’il y a erreur de format : ça aurait pu donner quelque chose de bien en roman, mais là, c’est trop dense.

Note : 2/5

DianaCagothe


Hommes entre eux – Jean-Paul Dubois

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Hommes entre euxTitre Original : Hommes entre eux
Genre :
 
roman, littérature française
Auteur : Jean-Paul Dubois
Année :  2008
Nombre de pages : 183

Résumé : Paul est un pauvre petit Toulousain. Il a un karma de shit : atteint d’une maladie orpheline, son corps se délite peu à peu. En plus, sa gonzesse, Anna s’est fait la malle en le laissant dans sa tragédie. Quitte à en crever, parce qu’on doit tous en passer par là, mais plus vite pour lui que pour d’autres, il décide de suivre sa piste au Canada.
Pendant ce temps-là, mais pas à Vera Cruz, on fait la connaissance de Floyd le bûcheron. Enfin, pas vraiment. Lui, c’est l’homme des bois, et tu l’imagines comme Wolverine dans le film éponyme. Il est descendant d’Indiens, donc c’est un philosophe assez primal. Son kif, c’est de chasser à l’arc, et trifouiller la barbaque. Lui aussi a tracé un bout de chemin avec Anna, mais elle n’est plus là, même si son odeur est toujours dans les parages.

Ce que j’ai aimé : L’écriture est très ciselée, pas de place pour le superflu : pas de chichi, pas de tralala. Ça te colle direct dans une ambiance glauque et hostile, qui se rapproche du paysage et des autochtones. Entre ces couilles, l’ambiance est virile et poilue : les personnages paraissent au départ un peu stéréotypés, mais on se rend vite compte qu’il n’en est rien et leur ambivalence donne à ce presque huis-clos une tension intéressante, avec des rebondissements vraiment inattendus. Un vrai roman d’hiver à lire un dimanche pluvieux, sous la couette.

Ce que je n’ai pas aimé : Je n’arrive pas tellement à lui trouver de défauts, c’est un bel objet, mais ce n’est pas tellement ma came.

Note : 3/5

DianaCagothe


L’Epée de feu – Le Trône de Fer 7 – George R.R. Martin

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l'épée de feuTitre Original : Song of Ice and Fire, book 3 : A Storm of Swords
Genre :
 
roman, fantasy, politique, médiéval fantastique, littérature américaine
Auteur : George R.R. Martin
Année :  2002
Nombre de pages : 374

Résumé : La guerre continue, les Sept Couronnes sont toujours exsangues et personne ne se dégage pour mettre de l’ordre dans tout ça. Heureusement, on voit que Daenarys prépare son retour, bien comme il faut. Elle prend vraiment de l’importance, en conquérant une belle grosse armée à coup de maligneries et sans trop de pognon. De l’autre côté, chez les Stark, la situation est toujours moisie au possible : Bran parcourt monts et vaux pour vivre son grand voyage initiatique, Arya essaie de survivre avec ses compagnons d’infortune, Robb, victorieux sur le terrain, continue à voir l’étau se resserrer sur l’échiquier politique, et Sansa continue sa plongée dans l’enfer de sa prison dorée construite par les Lannister. Quant à Jon, sa mission d’infiltration prend de plus en plus la tournure de la trahison et l’éloigne de plus en plus de ses frères noirs.

Ce que j’ai aimé : On arrive peu ou prou à la moitié du cycle publié. La situation est tendax, c’est le climax. Ce tome redonne un peu envie de connaître la suite.

Ce que je n’ai pas aimé : On a toujours du mal à voir la suite se dessiner. Il faudrait un nouveau fuckin’ événement qui ferait bouger tout ça.

Note : 3/5

DianaCagothe